n° 979-980 – Miguel de Cervantès – José Lezama Lima – nov / déc 2010

18,50 TTC

Il y a du prodige dans les errances et les triomphes de Don Quichotte au cours des siècles, quelque chose d’aussi mystérieux que les destins romanesques que l’hidalgo avait pris pour modèle. Il représente pour de grands écrivains contemporains des valeurs d’exigence morale, de responsabilité, de révolte, le refus de l’injustice, de la dictature, de l’aliénation. Il représente aussi la poésie, l’imagination romanesque. Au temps de Cervantès, et pendant près de deux siècles, Don Quichotte était un livre pour rire, et son héros, un fou ridicule. On riait de lui. Au XIXe siècle, il est devenu sublime, romantique. On s’attristait avec lui. Voilà l’énigme : ce roman se prête à tous et à tout, et il le fait d’aussi bonne grâce qu’au hasard de sa route, le vieil hidalgo entre en conversation avec les voyageurs de rencontre. Livre de l’inactualité des livres, livre de tous les possibles dans l’espace du livre, livre des livres qui oublient le monde et livre des routes où le monde se découvre et se délivre, livre de l’étrangeté radicale des bibliothèques qu’on mure et livre de présences, de paroles familières, Don Quichotte est tout cela à la fois. Cervantès réinvente la littérature et le monde parce qu’il joue sur l’inadéquation de la fiction au monde.

S o m m a i r e – P r é f a c e

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