Depuis 1923, une revue littéraire d’audience internationale
104e année – n° 1164 – avril 2026
LE CONTE CLASSIQUE
C’est sous le règne de Louis XIV qu’apparaît, se développe et se codifie le conte tel qu’il se pratiquera longtemps par la suite. Et c’est le nom de Charles Perrault qui vient immédiatement à l’esprit quand on évoque le conte classique. Jusqu’à recouvrir à lui seul tout le champ d’un genre. Cela rend justice à son incontestable génie, mais ne prend pas en compte la diversité et la richesse de cette production dans la France de l’âge classique. Après les analyses synchroniques du siècle dernier, qui nous ont beaucoup appris sur le fonctionnement et le sens du conte, il semble opportun de faire retour à une approche historique pour examiner l’invention du conte sous Louis XIV et sa réception par son premier public.
En effet, rappeler qu’à l’origine, le conte classique est un divertissement mondain, comme les autres jeux littéraires du temps, c’est le resituer et le réévaluer par rapport à l’horizon d’attente du public particulier auquel il s’est d’abord adressé. La Fontaine illustre au Grand Siècle le conte facétieux, qui est chez lui l’expression d’une liberté de penser et de dire. Charles Perrault, quant à lui, se distingue dans le domaine du conte merveilleux. Au sein d’une œuvre multiforme, c’est le conte, tel qu’il le conçoit et le fixe, qui lui permet d’explorer les possibilités modernes de la littérature. Et il convient de ne pas oublier qu’au tournant du XVIIIe siècle des conteuses apporteront une contribution décisive à la constitution de ce qu’on nommera désormais les contes de fées. Ces autrices, après avoir été longtemps négligées, bénéficient maintenant d’une réévaluation spectaculaire et commencent à trouver la place qui leur revient dans les histoires de la littérature.
Conçu en vue du divertissement, du plaisir, de la séduction, de l’enchantement, le conte est au XVIIe siècle parent du spectacle de cour qu’est l’opéra, autre genre fabuleux. Par la licence qu’il se donne, il est un lieu d’enjouement, d’humour, de gaieté. Il est traversé par des questions qui agitent les esprits du temps et qui résonnent singulièrement aujourd’hui : l’intelligence et la sensibilité des animaux, le rôle des femmes dans la société, la place du consentement amoureux, les possibilités d’élévation sociale dans une société d’ordres… Il se révèle être un genre moderne, bien plus complexe qu’il n’y paraît sur le plan de la poétique et de la morale.
PHILIPPE FOREST
Depuis L’Enfant éternel, son premier livre paru en 1997, les romans et les essais de Philippe Forest s’ancrent dans une même origine : la mort de sa fille unique, Pauline, emportée par un cancer à l’âge de 4 ans. Brouillant les frontières entre fiction et réalité, cet écrivain n’a de cesse d’interroger ce que l’art peut faire de la mort. La littérature devient l’espace fragile où l’on tente, chaque fois, de figurer une absence sans jamais l’abolir. Si la fiction même répond chez Philippe Forest à « l’appel du réel », c’est pour sonder une expérience intérieure et ce qui, en elle, n’apparaît que rarement sur la scène sociale mais que les humains ont en partage et où ils font l’épreuve du chagrin et de la joie, de la perte et du désir.
LE CONTE CLASSIQUE
Alain Génetiot, Tiphaine Rolland, Mathieu Bermann, Federico Corradi, Jole Morgante, Jean-Paul Sermain, Pierre-Emmanuel Moog, Candice Meric, Constance Cagnat-Debœuf, Jean Mainil, Kim Gladu, Camille Delattre-Ledig, Nathalie Grande, Aurélia Gaillard
PHILIPPE FOREST
Sophie Jaussi, Philippe Forest, Aline Lebel, Maïté Snauwaert, Anne-Gaëlle Saliot, Emmanuel Lozerand
CAHIER DE CRÉATION
CHRONIQUES
Conçus et réalisés par les meilleurs spécialistes, les dossiers d’Europe sont depuis longtemps le gage de la solide réputation de la revue en France et dans de nombreux pays à travers le monde.
Europe paraît sept fois par an. Pour ses lecteurs, chaque numéro est la promesse de nouvelles découvertes et de nouveaux bonheurs de lecture. La diversité des thèmes abordés et des éclairages est toujours la règle d’or… Pour autant, un numéro d’Europe ne se limite pas à ce substantiel dossier ! Soucieuse d’associer la réflexion critique à la création contemporaine, la revue s’attache en effet à publier régulièrement des « Cahiers de création » qui font place à des nouvelles, des proses et des poèmes inédits d’écrivains français et étrangers. Chaque livraison de la revue propose également une série de « Chroniques » consacrées à l’actualité du roman, de la poésie, du théâtre, de la musique, du cinéma et des arts plastiques. Enfin, les « Notes de lecture » viennent compléter ce large panorama de la vie littéraire et culturelle.
-
n° 1164 – Le conte classique – Philippe Forest – avril 2026
-
n° 1163 – Tarjei Vesaas – Jean-Luc Sarré – mars 2026
-
n° 1161-1162 – Rainer Maria Rilke – janv./ fév. 2026
-
n° 1159-1160 – Samuel Beckett – nov./déc. 2025
-
n° 1157-1158 – Colette – sept./oct. 2025
-
n° 1154-1155-1156 – Edmond Rostand – juin/juil./août 2025
