n° 950-951 – Les troubadours – Max Rouquette – Landolfi – juin / juil 2008

18,50 TTC

Le premier mystère des troubadours, c’est sans doute l’obstination avec laquelle ils hantent le monde moderne : au lieu de se contenter de se tenir sagement à leur place, comme leurs confrères trouvères, les poètes de la France du Nord, bien tranquilles sur le papier glacé des pages de l’histoire littéraire, les troubadours ne tiennent pas en place et ne cessent de poser des questions ou de proposer des solutions qui concernent d’autres âges que le leur : En un mot, pourquoi les troubadours refusent-ils d’être lettre morte ? Il faut dire que, dès l’origine, ils font figure d’OVNI, ou mieux encore, d’Objets Poétiques Non Identifiés : première poésie lyrique en langue vulgaire, c’est-à-dire dans la langue du peuple, avant donc que Dante l’ait théorisée avec le « volgare illustre ». Dans des temps où toute culture, même la plus moderne et même la plus contestataire, ne pouvait que s’inscrire dans un héritage latin indissolublement lié à l’Église, ils ont eu l’audace, qu’ils en aient eu conscience ou non, de laïciser en quelque sorte la culture, et cette incroyable insolence s’est doublée de celle de signer parfois leurs œuvres et d’en finir ainsi avec l’anonymat médiéval des créateurs.

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