n° 1033 – Claude Simon – Friederike Mayröcker – mai 2015

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Claude Simon (1913-2005), prix Nobel de littérature en 1985, est aujourd’hui considéré comme l’un des romanciers majeurs du XXe siècle. Bon nombre d’écrivains contemporains reconnaissent l’influence déterminante de son œuvre sur leur propre travail et ses lecteurs, quels qu’ils soient, rendent tous compte d’une expérience de lecture inédite. C’est que la phrase de Claude Simon ne peut laisser indifférent. Qu’elle s’étire démesurément, charrie des images et des mots « carrefours de sens », qu’elle ressasse, tâtonne, se suspende ou se relance, elle fait toujours forte impression. Entre hésitation et endurance, elle semble toujours se façonner à mesure que nous la lisons. L’œuvre de Claude Simon, du Tricheur en 1945 au Tramway en 2001, se nourrit avant tout de l’expérience d’un homme qui a parcouru un siècle mouvementé, qui s’est lui-même retrouvé sous le feu en mai 1940. Ses romans se font ainsi l’écho de la petite comme de la grande histoire, des deuils intimes — la disparition du père au combat en 1914, la lente agonie puis la mort de la mère, le suicide de l’épouse — comme des deuils collectifs — la faillite des grandes idéologies, celle de l’humanisme en particulier, dont les valeurs n’ont pu empêcher ni les deux guerres mondiales, ni Auschwitz, ni le Goulag. Mais ne nous méprenons pas : s’ils sont à la fois autobiographiques et critiques, les romans de Claude Simon ne manquent jamais pour autant d’être parfaitement romanesques.

S O M M A I R E – P R É F A C E

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