n° 1049 -1050 – Paul Celan – septembre / octobre 2016

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« Paul Celan représente la réalisation de ce qui ne semblait pas possible : non seulement écrire de la poésie après Auschwitz, mais écrire “dans” ces cendres, parvenir à une autre poésie en fléchissant cet anéantissement tout en se maintenant en quelque sorte dans l’anéantissement », écrivait naguère Andrea Zanzotto. « La parole poétique est une parole prononcée contre la mort. C’est là son essentielle raison d’être », rappelle José Ángel Valente dans un texte publié dans ce numéro d’Europe. « La voix de Paul Celan est descendue jusqu’à la nuit, elle a suivi les échelles infinies de l’ombre, occulte ou muette, et elle y a engendré une parole nouvelle, une nouvelle manifestation. Une naissance terrible, une naissance laborieuse. Un message crypté qui retient en lui-même toute sa lumière. Une bouteille à la mer. Jusqu’à ce qu’une autre main, un autre regard, une écoute différente, l’accueillent, le reçoivent, et que la transformation ait lieu précisément par cet acte-là. Parole, Verbe. Pour habiter de nouveau parmi nous. Une langue qui a été dépouillée, interdite, par ceux qui imposaient, qui fixaient, qui paralysaient le flux du sens, de la parole, si longtemps prisonnière, menottée — cette langue-là ne vient pas se manifester dans le poème pour être à nouveau prisonnière du sens, mais pour le dire en l’ouvrant à des résonances imprévisibles, imprévues, qui permettent sa dérégulation continuelle, l’invention ou la rencontre de nouveaux horizons plus libres. » Il y a quinze ans, Europe avait consacré un premier numéro à Paul Celan, plusieurs fois réimprimé. Celui qui paraît aujourd’hui est entièrement nouveau et réunit quelques-uns des meilleurs critiques engagés depuis des années dans un travail de fond sur son œuvre.

S O M M A I R E – P R É F A C E

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