Jusqu’à présent les journaux, revues et périodiques disposant d’un numéro de Commission paritaire bénéficiaient d’un tarif spécifique pour les envois postaux de leurs publications en France et à l’étranger.
La Poste nous a informés qu’une exception était désormais faite pour les envois aux États-Unis, l’administration Trump ayant décidé de considérer la presse et les revues comme des « marchandises à part entière » et soumises à ce titre aux droits et taxes douaniers sous peine de 100 dollars de pénalité par pli.
Concrètement, la cessation de l’application du tarif Presse pour les envois aux États-Unis entraîne non seulement une augmentation très considérable des frais postaux — 335 % dans le cas de la revue Europe — mais aussi de lourdes obligations qui auront également un coût puisque sont exigées pour chaque envoi : une déclaration CN23 électronique, une déclaration en douane dématérialisée et l’apposition d’un code à barres individuel sur chaque pli.
Plus d’une cinquantaine d’universités et bibliothèques états-uniennes sont de longue date abonnées à Europe. Le prix de l’abonnement pour les États-Unis risque de devoir être multiplié par trois, si ce n’est par quatre. Et quand on sait que les universités et bibliothèques américaines sont abonnées à de nombreux périodiques du monde entier, cette situation nouvelle créée par l’administration Trump risque fort d’entraîner une catastrophe culturelle dont elles seront aussi victimes.
Informée de cette situation et de la lettre circulaire que la Poste a adressée à ce propos aux éditeurs de presse, la sénatrice Marianne Margaté, considérant qu’il s’agissait d’une censure économique de fait, a attiré l’attention de la ministre de la Culture, Mme Catherine Pégard, dans une question écrite que l’on peut lire ici :