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Parutions 2012 Janvier-Février

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On a aujourd’hui dans l’œil le visage que Perec s’est fabriqué au fil des années

soixante-dix, figure comme triangulaire, barbichette et chevelure assyrienne,

buissonnant sur les hauteurs. Mais au-delà de cette image, ce qui frappe,

c’est un visage travaillé par l’intelligence, avec son regard clair souvent visité

par l’humour. Le destin de Georges Perec (1936-1982) fut pourtant précocement

visité par la tragédie. Son père, engagé volontaire, est mort pour la défense

de la France en juin 1940. Évacué en zone libre en 1941, l’enfant fut dès lors

séparé de sa mère, déportée quelque temps plus tard et morte à Auschwitz.

Si les premiers livres publiés de Perec lui valurent l’estime de critiques

perspicaces, c’est en 1978 qu’il connut un succès considérable

avec La Vie mode d’emploi, bientôt traduit dans le monde entier.

Saluant la parution de ce chef-d’œuvre, Italo Calvino estima que Perec

avait « l’art de résumer toute une tradition narrative et d’englober,

dans une somme encyclopédique, des savoirs qui donnent forme à une image

du monde ; le sens du présent qui inclut aussi tout un passé accumulé

et le vertige du vide. » On peut, comme Calvino, considérer La Vie mode d’emploi

comme le dernier événement véritable dans l’histoire du roman : un puzzle

dans lequel le puzzle lui-même donne au livre le thème de l’intrigue

et le modèle formel, et où le projet structurel et la poésie la plus haute

coexistent avec un naturel prodigieux. Mais c’est l’œuvre entière de Perec

qui s’avère captivante dans chacune de ses phases et qui nous invite

à une multiplicité de parcours, qu’il s’agisse du Perec d’avant Les Choses

et Un homme qui dort, de sa période dite « sociologique », des années oulipiennes,

de sa prise en compte des événements de la vie quotidienne et de ce qu’il appelait

l’infra-ordinaire, ou encore de la façon si singulière dont il aborde le thème

autobiographique et renouvelle la narration de soi en inventant des architectures

neuves, complexes, agrandissant le labyrinthe qu’est toute vie.


ÉTUDES ET TEXTES DE

Maxime Decout, Enrique Vila-Matas, Claude Burgelin, Jean-Pierre Martin,

Christelle Reggiani, Gianni Celati, Dominique Rabaté, Michael Sheringham,

Marilyne Heck, Pierre Getzler, Jean-Charles Depaule, Gabriel Josipovici,

Alain Schaffner, François Souvay, Jean-Luc Joly, Pierre Furlan, Julien Roumette,

Raoul Delemazure, Yannick Séité, Marcel Bénabou, Florence Plet-Nicolas,

Denis Cosnard, Ralph Schock, Maurice Olender, Paul Fournel.


CAHIER DE CRÉATION


Marek Kedzierski, Julien Hertz, Pilar González España

Peter Swanborn, Annie Salager, François Rannou.


DIRES & DÉBATS


Entretien avec le poète Tomas Tranströmer (Prix Nobel de littérature 2011).


CHRONIQUES


  

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