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Parutions 2016 Janvier-Février

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Longtemps, on n’a pas « témoigné » en littérature.

Le fait qui consiste, pour les survivants d’un crime de masse,

à rédiger et à publier le récit circonstancié des violences dont

ils ont été les témoins pour les porter à la connaissance

de tous est une pratique sociale récente, qui s’est inaugurée

comme telle au début du XXe siècle, dans le sillage de

la Première Guerre mondiale et du génocide des Arméniens.

Dans ce moment advient en effet un nouvel intolérable :

la négation du crime — sous toutes ses formes. Cédant à

« la violence d’une impulsion immédiate, aussi impérieuse que

les autres besoins élémentaires », comme l’écrit Primo Levi,

certains entreprennent alors, parfois au péril de leur vie,

de décrire ce qu’ils ont subi pour l’attester. Là réside la spécificité

du genre : fondé sur le modèle judiciaire, le témoignage littéraire

est une déposition devant l’Histoire reposant sur le serment

que fait le témoin de dire « la vérité, toute la vérité, rien que

la vérité ». À la fois œuvre littéraire et document doté

d’une valeur probatoire, le témoignage consacre une rupture

radicale avec la doctrine de l’autonomie de l’art héritée

du romantisme ; il invite ainsi à un réexamen critique de certains

crédos contemporains relatifs à l’absolue liberté d’invention

de l’artiste, à la déliaison de l’éthique et de l’esthétique,

ou encore à la réduction de la littérature à la fiction.

L’avènement du témoignage a produit un schisme littéraire dont

on n’a peut-être pas encore pris toute la mesure.

De la Grande Guerre au génocide des Tutsi du Rwanda en passant

par le génocide des Arméniens, les camps de la Kolyma,

l’univers concentrationnaire nazi, l’extermination des Juifs

d’Europe, le bombardement atomique d’Hiroshima, l’exil rural forcé

dans la Chine populaire des années 1968-1980, le génocide

cambodgien et la « décennie noire » qui ensanglanta l’Algérie

des années 1990, ce numéro d’Europe invite à une nécessaire

réflexion sur l’acte de témoigner en littérature.

Puisse-t-il contribuer à marquer un tournant dans l’histoire de

la réception d’un genre qui demeure encore trop souvent relégué

dans une position marginale, alors même qu’il a donné,

selon les mots de Georges Perec, « l’exemple le plus parfait

de ce que peut être la littérature ».


Frédérik Detue, Charlotte Lacoste, Guy Hallé, Krikor Beledian,

Chavarche Missakian, Jean-Baptiste Para, Elena Vladimirova,

Assia Kovriguina, Primo Levi, Marie Hartmann, François Rastier,

Maya Morioka Todeschini, Ôta Yôko, Lili Du, Rithy Panh,

Tristan Leperlier, Barbara Métais-Chastanier, Marcel Cohen,

Philippe Beck.



CAHIER DE CRÉATION


Jean-Loup Trassard, Tassos Livaditis, Cécile A. Holdban

Bernard Louis Lallement, Olivier Domerg


CHRONIQUES


  

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